Fantastique / Fantasy Horreur / Terreur

Carrie

16 mai 2016
carrie


Auteur : Stephen King
Editions : Le Livre de Poche
Année de sortie : 1974
Prix : 6,60€ – Acheter sur Amazon
Pages : 282
Lu du 10 au 11 mai 2016

L'histoire

Carrie White, dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, vit un calvaire : elle est victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté…

Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau ! Loin d’être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c’est compter sans la mesquinerie des autres élèves. Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?

Mon avis

◊ Depuis peu, après avoir lu Joyland, j’ai eu envie de découvrir un peu plus la plume de Stephen King, du coup quand j’ai eu vent qu’un groupe de lecture était créé sur Facebook, j’ai adhéré toute suite ! Pour le mois de mai, le livre qui a remporté le sondage est Carrie, le tout premier roman de Stephen King. Il me semble que je n’avais jamais lu les livres ni vu les films mais je connaissais l’histoire, pour en avoir entendu parler à plusieurs reprises.

◊ Je savais que ça parlait de harcèlement scolaire et d’une jeune fille avec des pouvoirs, mais il parle également de fanatisme religieux et de maltraitance. Les faits sont relatés de deux manières différentes : des extraits d’articles de journaux, de compte rendu, d’interrogatoire, de différents livres relatant les faits sur ce qu’il s’est passé le 27 mai 1979 qui nous permettent déjà de savoir qu’il s’est passé quelque chose de très grave ; et en même temps nous suivons Carrie, dans le passé, et sa descente aux Enfers à partir du moment apparemment déclencheur. Elle n’est pas si différente que ça des autres, elle est juste pas assez belle, pas assez intelligente, pas assez populaire, trop craintive à cause de sa mère qui d’ailleurs a une réputation de folle à lier avec son fanatisme religieux ; mais pour les autres lycéens, ça suffit pour la détester, alors même qu’elle subissait déjà la haine de sa mère depuis sa plus tendre enfance.

Ce roman m’a bouleversé. Je n’aime pas la méchanceté gratuite, même celle qui ne l’est pas d’ailleurs, elle me fait hyper mal au cœur, et dans ce roman on assiste à une suite d’actions méchantes et rabaissantes à l’encontre de Carrie. Comme la plupart des victimes de harcèlement, leurs bourreaux trouvent toutes les excuses possibles pour les maltraiter, comme si tout était de la faute de Carrie, je trouve ça affreux. Et quand ils se font prendre et sanctionner, c’est encore et toujours de la faute de Carrie, pas une seule fois ils ne remettent en question leur comportement, hormis Sue. Ça m’a tellement choqué, d’autant plus en sachant que ces comportements existent réellement. Stephen King dit lui-même avoir eu l’idée de ce roman à cause de deux camarades à lui qui subissait les brimades des autres. Bref vous l’aurez compris, je ne suis pas ressortie indemne de ma lecture.

◊ J’ai tout de même trouvé qu’on ressentait bien que Carrie est le premier roman de Stephen King : l’écriture est brouillonne, un peu tatillonne, j’ai remarqué quelques incohérences… La fin est très répétitive même si c’est important : mélange de retour en arrière puis en avant, différents témoignages de l’évènement pour avoir ensuite quelques pages plus loin exactement la même chose du point de vue de Carrie. Je m’attendais à ce que le point de vue de Carrie soit plus une suite de ressenti face à la dernière moquerie qu’elle a subi mais c’était surtout une reprise de ce qui avait déjà été dit quelques pages auparavant, même si on partageait un peu de ses sentiments destructeurs.

Ce roman traite du passage difficile à l’âge adulte, où on doit faire face aux changements sur son corps et dans sa tête. Tout ceci est freiné chez Carrie à cause d’une mère qui la laisse dans l’ignorance en lui faisant croire que des seins poussent aux femmes quand elles ont pêché ou sans rien lui dire des premières règles, ce qui fait que Carrie croit mourir le jour où elle les a ! Elle la bride également en l’empêchant de se démarquer et de se mêler aux autres, en voulant l’empêcher de se détacher d’elle et de penser par elle-même tout simplement, à une période de sa vie où elle a besoin de s’affirmer pour se découvrir, pour apprendre qui elle est. Au final elle n’est que l’ombre et le reflet soumis de sa mère, et les brimades des autres, qui n’essayent pas de comprendre, empêche toute tentative d’épanouissement de sa part. Elle est un peu comme une fleur qui ne peut jamais s’ouvrir au soleil, et qui fanera le jour où elle y sera enfin parvenue.

◊ Quelque part, j’ai eu l’impression aussi que ce roman dénonçait, non seulement le harcèlement scolaire, mais aussi le manque de réaction de la part des professeurs, des adultes directement témoins de ce que Carrie subit. Il faut qu’un acte de violence traumatisant ait lieu au début du roman pour qu’un de ses professeurs, Mme Desjardins, décide enfin à en parler au proviseur et qu’ils se mettent à faire quelque chose, alors que d’après leur discussion on comprend qu’ils sont au courant depuis longtemps que Carrie est le souffre-douleur de ses camarades. Certes, quand ils réagissent enfin ils agissent comme il faut, mais il aurait dû agir depuis longtemps ! Malheureusement, le roman a beau avoir été écrit en 1974, c’est encore beaucoup d’actualité, ce que je ne comprends pas…

Les personnages :
Je parlerai principalement de Carrie, car même si j’ai bien aimé d’autres personnages je ne veux pas trop en parler de peur de spoiler. C’est un personnage pour qui on éprouve deux sentiments contradictoires : de la pitié et de la crainte. Durant ma lecture j’ai eu envie de la protéger, de la guider, de l’aider à s’épanouir, à s’affirmer, à être elle-même. J’ai eu envie de la prendre sous mon aile et de la relever chaque fois qu’elle tombait, parce qu’elle a l’air d’une petite fille fragile. L’air seulement, car on se rend compte au fil de notre lecture qu’elle en supporte tellement, tellement… Elle ne s’en rend pas compte mais elle a une force de caractère incroyable, de subir tout ça mais de continuer à se lever le lendemain. Certes, elle marche la tête basse, elle se cache derrière ses cheveux, derrière son air craintif, mais elle encaisse. C’est la souplesse qui fait que l’on tient le coup dans les moments difficiles, et non la rigidité, car la souplesse tu peux la plier dans tous les sens, elle ne se brisera pas (moment philosophique du jour haha – le pire c’est que je suis sûre qu’il existe une citation ou un proverbe sur ça mais je retrouve paaaas..) Bref, elle a une force intérieure incroyable. Cependant, quelque chose grandit en elle à mesure qu’elle subit les moqueries de trop. Au début du roman, on sent qu’un stade a été dépassé et qu’il en faudra peu pour créer l’explosion. Le problème étant qu’elle a subi tellement de moqueries et de coup bas qu’on se demande même si elle ne craquera pas pour un acte gentil envers elle : elle n’a plus confiance en qui que ce soit et pense qu’un acte gentil et désintéressé cache en fait un nouveau coup de couteau dans le dos. Son histoire m’a tellement touché…

√ Pour conclure, ce roman m’a touché bien des manières et je pense que je m’en souviendrai toute ma vie, malgré le côté brouillon de son écriture, c’est un excellent premier roman de la part de Stephen King. Je suis super contente de l’avoir découvert grâce au club de lecture !

Carrie

√ LES PLUS
  • le sujet du harcèlement scolaire bien exploité
  • la dénonciation de l’entourage qui ne participe pas mais ne réagit pas non plus
  • le personnage de Carrie qui est très touchant
× LES MOINS
  • l’écriture très brouillonne
  • les répétitions

Ma note : 4/5

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Bonne journée, Sandy

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10 Comments

  • Reply florence 16 mai 2016 at 8 h 53 min

    Superbe avis!!! Et merci de parler du club! 😉

    • Reply Sandy 16 mai 2016 at 9 h 03 min

      Merci à toi de l’avoir créé, ça me « force » à caler un roman de cet auteur dans mes lectures du mois haha 🙂

      • Reply florence 16 mai 2016 at 9 h 04 min

        De rien ^^

  • Reply Chris 16 mai 2016 at 13 h 59 min

    Si tu veux lire un livre par rapport au harcèlement scolaire, on m’a conseillé celui-ci:
    https://ocebookaddict.wordpress.com/2016/04/20/tous-nos-jours-parfaits-jennifer-niven/
    C’est l’avis d’une blogueuse en prime.
    Autrement j’ai jamais été vraiment attiré par King dans le genre, mais ses conseils d’écriture sont très bons à prendre :).
    J’ai toujours Joyland et Docteur Sleep dans ma PAL, mais bon ça attendra ^^.
    Bon avis autrement, c’est un fléau au collège/lycée qui va perdurer au fil des années j’en ai peur. Personne ne peut s’en réjouir. Moi j’étais du côté victime souvent, mais pas jusqu’au harcèlement.
    Bis Sandy ! 🙂

    • Reply Sandy 16 mai 2016 at 16 h 09 min

      Merci, c’est une chronique très émouvante… J’ai rajouté ce roman à ma wishlist du coup.
      Oui, le roman de King sur l’écriture m’intéresse beaucoup aussi, je l’ai vu en plus à la librairie l’autre jour mais j’ai pas craqué, bravo à moi haha. Moi j’ai toujours su me débrouiller pour ni être une victime, ni être « populaire » au collège, je sais qu’on a dû plus d’une fois parler dans mon dos mais c’est courant partout ça, même chez les adultes, et j’en ai toujours eu rien à faire ^^

  • Reply La route des lecteurs 17 mai 2016 at 19 h 16 min

    Je n’ai toujours pas lu de King mais j’ai vu quelques scènes du film sur Carrie. J’avais trouvé cette histoire très sombre et vraiment horrible pour le personnage principal ! Malgré le style un peu brouillon, c’est un roman qui me tente 😉

    • Reply Sandy 17 mai 2016 at 22 h 00 min

      Le film (si tu parles de l’adaptation de 1976) est super fidèle au livre je trouve, hormis la fin qui était un peu différente et bâclée pour moi, mais je pense que c’était plus par soucis budgétaires qu’autre chose… J’irais lire ta chronique si tu te laisses tenter, j’espère qu’il te plaira aussi! 🙂

  • Reply Sarah 17 mai 2016 at 19 h 48 min

    Je partage assez ton avis sur ce roman : il est bon mais pas inoubliable.
    Les thèmes abordés sont sympa mais l’auteur commet quelques maladresses.
    Il le fait assez souvent dans ces romans, selon moi, ceci dit…
    Mais Stephen King reste un auteur qu’il faut lire. Certains de ses romans comme Misery sont de vraies pépites.

    • Reply Sandy 17 mai 2016 at 22 h 04 min

      Comme je n’ai lu que deux de ses romans pour l’instant je ne peux pas encore confirmer, mais le premier que j’ai lu est Joyland, qui est beaucoup plus récent, et en comparaison le style est beaucoup plus fluide et travaillé, ça avait été une lecture beaucoup plus agréable ^^ Misery j’en entends beaucoup parler, c’est sûr je le lirais aussi mais pour l’instant je dois me contenir car Ça, Shining et Simetierre m’attendent dans ma bibliothèque haha

  • Reply Mina 18 mai 2016 at 14 h 39 min

    Mon premier Carrie et, même s’il n’est pas parfait, il reste et restera mon préféré de sa bibliographie. Comme toi, il m’avait vraiment beaucoup touchée (^-^)

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