Horreur / Terreur

Désolation, le roman de la dévastation

21 février 2018
désolation
AUTEUR : STEPHEN KING

Editions : Le Livre de Poche
Année de sortie : 1996

Broché : 22,10€
Poche : 8,60€

Pages : 824

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L'histoire

La route 50 coupe droit à travers le désert du Nevada, sous un soleil écrasant. On n’y entend que le jappement lointain des coyotes. C’est là qu’un flic étrange, un colosse aux méthodes très particulières, arrête des voyageurs sous des prétextes vagues, puis les oblige à le suivre à la ville voisine : Désolation.

Et le cauchemar commence…

Ce thriller éprouvant, au goût d’apocalypse, nous entraîne plus loin que jamais dans la lutte éternelle du Bien et du Mal.

Mon avis

∴ J’avoue que je n’aurais pas lu ce roman de Stephen King tout de suite si Chloé ne l’avait pas gagné à un concours. C’était son premier, alors on a convenu qu’on le lirait ensemble dès que je le verrais en librairie, ce qui a été le cas quelques temps plus tard. Chloé, si tu passes par là, sache que je suis vraiment contente d’avoir fait cette lecture commune avec toi, non seulement c’était super sympa mais en plus ça m’a permis de comprendre un peu mieux le roman (et de te connaître un peu mieux aussi ! ♥). Il faut avouer… il fallait suivre l’auteur dans ce livre !

◊ J’ai trouvé un style un peu différent de ce que j’ai lu habituellement chez Stephen King, même si cela ressemblait pas mal au Fléau – je parle bien du style de narration et non de l’histoire en elle-même. J’ai pris l’habitude de rentrer lentement dans l’histoire, de faire la rencontre des personnages d’abord, de partager une partie de leur passé, pour finir par les connaître quasiment par cœur une fois le roman refermé. Ici, ce n’est pas vraiment le cas, j’ai eu l’impression tout le long du roman que l’auteur gardait une distance avec ses personnages. On ne s’attache pas trop à eux et on n’en ressent pas le besoin, même si je les ai trouvé aussi complexe que d’habitude… Je ne sais pas trop comment expliquer, en fait. Les personnages ne sont pas du tout épargnés par le Mal présent à Désolation alors je crois que l’on est un peu obligé de prendre du recul par rapport à eux si on ne veut pas souffrir pour eux. Là où je suis un peu perplexe (et Chloé était d’accord avec moi, c’est d’ailleurs elle qui m’a fait réaliser ce qui me dérangeait), c’est que certains personnages servent clairement de décor, sont là par obligation et du coup sont complètement transparents. Dans le lot il n’y en avait qu’un seul comme ça, en fait, peut-être deux, mais c’est assez perturbant quand on a l’habitude des personnages toujours bien développés de l’auteur.

◊ Je vais essayer de vous en parler sans trop vous en dévoiler sur l’histoire, parce que pour ma part je n’en savais pas trop et je suis allée de découverte en découverte, je me suis régalée ! Là où l’histoire m’a pas mal fait penser au Fléau, c’est dans son aspect religieux. Il est une fois de plus très présent ici et je crois ne pas me tromper en disant que dès qu’il s’agit de religion, la situation et les personnages de Stephen King sont presque un peu trop manichéens. Le bien d’un côté, le mal de l’autre, avec parfois quelques défauts quand même chez les personnages qui sont du côté du « bien » et puis c’est tout, le méchant est un méchant dans toute sa splendeur, pas de trace de bien chez lui. J’exagère sans doute un peu en disant ça (sauf pour le grand méchant je vous assure, qui représente assez bien le « diable » dans ce livre, tout comme dans le Fléau), mais pas tant que ça je crois, en fait. Est-ce que d’autres fans de King pourraient me confirmer ou non cette impression ? À l’inverse, dans les romans de King où la religion n’est pas au centre de l’histoire, les personnages et l’intrigue sont beaucoup plus nuancés. Pour moi, l’auteur veut pousser la religion à son extrême : ou c’est bien, ou c’est mal, mais il n’existe pas vraiment d’entre deux. C’est un constat par rapport au peu de roman de Stephen King que j’ai lu et peut-être que je me trompe, peut-être que d’autres de ses romans où la religion est au centre de l’intrigue c’est beaucoup plus nuancé. Par contre, autant la situation et les personnages sont plutôt manichéens, autant Dieu lui-même est en fait beaucoup plus complexe que ça et j’ai trouvé que c’était très intéressant. Mais Chloé et moi ne sommes pas sûrs d’avoir totalement compris ce qu’il s’est passé entre Dieu et un des personnages à la fin… C’était un peu frustrant !

Tu as dit “Dieu est cruel” de la même façon qu’une personne qui a vécu toute sa vie à Tahiti pourrait dire “la neige est froide”… Sais-tu à quel point Dieu peut être cruel, David? D’une cruauté fanatique? Parfois il nous laisse vivre.

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◊ En tout cas, une chose est sûre : Désolation fait froid dans le dos ! Chaque fois que je refermais ce livre, je me disais que finalement mon envie de voyage dans la campagne aux Etats-Unis attendraient sans doute un peu et avec Chloé on a été d’accord pour dire que si un policier seul voulait nous arrêter au milieu d’une route quelque peu déserte… On trace ! Comme toujours Stephen King arrive à installer un véritable climat d’horreur. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous vous souvenez peut-être que je suis friande de films d’horreur, d’histoires d’horreur, de podcast parlant d’histoires étranges… Ce n’est pas pour rien si l’un de mes livres préférés est Ca (non mais promis un jour j’arrête de vous en parler) ! Bref, tout ça pour dire qu’avec l’habitude et à mon grand désarroi, je deviens un peu hermétique à cet univers… Je veux dire que je n’ai plus forcément peur. Sauf avec Stephen King, et c’est un vrai bonheur ! Enfin façon de parler, mais ressentir quelque chose face à un genre qui a de plus en plus de mal à me faire réagir, ça fait plaisir. Il faut dire que l’auteur rentre rarement dans le cliché, du coup il arrive à me surprendre quasiment à chaque lecture. En revanche, il est important de mentionner que ce livre n’est peut-être pas pour les âmes sensibles ! C’est assez sanglant voire violent parfois, et la violence n’est pas que physique elle est également dans les descriptions, vous comprendrez si vous le lisez mais ça peut être dur et choquant. Comme souvent, le lecteur n’est pas épargné !

◊ Malgré cette petite brique de 823 pages, il est clair que l’on ne s’est pas beaucoup ennuyé, je me souviens même avoir dit à Chloé que lors des moments de grandes tensions durant le roman j’étais au bord de la crise de nerf et ne pouvais pas m’empêcher d’aller voir trois pages plus loin si cela se finissait bien pour le personnage ! Honnêtement, j’ai trouvé que les pages défilaient toutes seules, je me suis quelques fois retrouvée à lire 200 voire 300 pages d’un coup (d’un autre côté, ça rattrapait les jours où par manque de temps je ne lisais que 50 pages haha) sans m’en rendre compte, tellement j’étais prise dans l’histoire !

√ Pour conclure, c’est encore une fois un roman de Stephen King avec lequel j’ai passé un très bon moment. J’aime de plus en plus retrouver cet auteur, et d’ailleurs j’en éprouve régulièrement le besoin. Heureusement que j’ai encore des tas d’autres histoires à découvrir de lui ! Bref, si vous aimez les romans apocalyptiques avec un véritable huis clos angoissant et horrifiant, je vous conseille ce roman !

désolation

les plus

  • un Dieu beaucoup plus complexe que ce à quoi on peut s’attendre
  • une histoire effrayante
  • peu de clichés
  • le roman se lit tout seul

les moins

  • personnages trop peu développés
  • une intrigue et des personnages un peu trop manichéens

Ma note : 4/5

Connaissez-vous ce roman de Stephen King ?
Que pensez-vous de l’aspect religieux que j’ai abordé dans ma chronique ?
N’hésitez pas à aller jeter un œil au compte Instagram de Chloé,
et à partager votre avis sous sa photo ou ici par commentaire !

Bonne après-midi,
Sandy

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6 Comments

  • Reply Chloé 21 février 2018 at 18 h 44 min

    Ah cette lecture ! Ma première de 2018 ! Et mon premier King !
    Je crois que je n’aurai jamais lu de Stephen King sans toi ! Tu m’as donné envie et même si je n’ai pas aimé plus que ça Désolation, ça a tout de même été une belle découverte, j’adore le style de King au point d’en avoir racheté et de refaire une lecture commune avec toi ! 😀
    Et c’est vrai que ça nous a permis de mieux nous connaitre, c’était une super expérience et sans vouloir plonger dans le pathos et sortir les violons, ahah, tu es ma plus belle rencontre dans cet univers livresque ! Je suis super contente de te connaitre et d’échanger avec toi ! 😀
    J’espère qu’on aura un jour la chance et l’occasion de se rencontrer; ce serait cool ! 😉 Enfin je dis ça mais je suis tellement timide que ca serait bizarre ! xD

    Enfin en tout cas, je suis super contente de me relancer dans l’expérience et d’entamer Salem avec toi ! 😀

    Des bisous ! <3

    • Reply Sandy 22 février 2018 at 19 h 16 min

      Ca a vraiment été une super lecture commune et c’est avec un grand plaisir que j’en fais une nouvelle avec toi 😀 (que tu aimeras mieux j’espère !)
      Et je serais contente d’en refaire d’autres, pourquoi pas régulièrement avec le King ^_^
      Quand on partira en vacances dans ta Bretagne je penserai à toi, et te ferai signe ! ♥ (t’inquiètes pas, tu sais que je suis une grande timide aussi, on y arrivera bien hein xD)

  • Reply Dreamingwiyhboooks 22 février 2018 at 17 h 59 min

    C’est vrai que ce doit être étonnant d’avoir des personnages moins exploités que dans ses romans précédents (c’est souvent sont gros point fort) … Mais l’histoire semble intéressante! Peut-être que je le découvrirais un de ces jours, même s’il ne fait pas parti de ceux que j’ai envie de découvrir en priorité 😉

    • Reply Sandy 22 février 2018 at 19 h 18 min

      Il a sans doute voulu faire différemment ici, ce que j’aime bien c’est que même si on reconnaît sa patte il sait quand même varier son style, et heureusement vu le nombre de livres qu’il a écrit lol
      Ce n’est pas celui que je conseillerai en tout premier, mais il sort des classiques de King que tout le monde connaît 🙂

  • Reply Yuyine 23 février 2018 at 13 h 29 min

    J’avoue que le côté religieux chez Stephen King me gêne pas mal… déjà parce que c’est effectivement manichéen comme tu le soulignes mais aussi parce que c’est tiré par les cheveux…

    • Reply Sandy 24 février 2018 at 9 h 04 min

      Oui malheureusement on adhère ou on adhère pas ^^’

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