Historique

La fièvre de l’aube

24 mai 2016
la fièvre de l'aube
AUTEUR : PÉTER GÁRDOS

Editions : Robert Laffont
Année de sortie : 2016

Broché : 19,50€

Pages : 268
Lu du 14 au 15 mai 2016

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L'histoire

Quand Miklós, vingt-cinq ans, apprend qu’il est condamné à mourir, il prend une résolution folle : il va se marier… et guérir.

Hongrois, rescapé des camps d’extermination nazis, Miklós est, depuis la fin de la guerre, accueilli en Suède pour soigner sa tuberculose. Dans l’espoir de trouver l’épouse qui lui conviendra, il écrit à cent dix-sept jeunes Hongroises réfugiées en Suède.
Parmi les réponses qu’il reçoit, une seule lui fait battre le cœur : celle de Lili Reich. Elle a dix-huit ans et, comme lui, est rescapée des camps.
De septembre 1945 à février 1946, Miklós et Lili s’écrivent presque quotidiennement. Et de lettre en lettre, tombent amoureux l’un de l’autre.
Dès lors, avec le courage et la force de ceux qui veulent croire au bonheur pour oublier l’horreur, Lili et Miklós vont soulever des montagnes pour se rencontrer.

Cette histoire d’amour est celle des parents de l’auteur : après la mort de son mari, Lili a confié à leur fils, Péter, la liasse des lettres qu’elle avait échangées avec Miklós.

Mon avis

◊ J’ai découvert ce roman sur la chaîne Booktube de Pretty Books, lors d’un bookhaul, et quand elle a raconté l’histoire de ce roman, je savais immédiatement qu’il me plairait. Un amour invraisemblable, que le hasard – quoiqu’un peu provoqué – a décidé de faire fleurir. Ce roman n’étant pas très gros, je me suis dit que le weekend à 1000 était le moment parfait pour le découvrir et je ne l’ai pas regretté !

L’auteur nous raconte l’histoire touchante de la rencontre de ses parents, Miklós et Lili, juste après la seconde guerre mondiale. Miklós apprend qu’il est condamné, qu’il lui reste six mois à vivre, alors il tente le tout pour le tout, refusant d’y croire : il envoie exactement la même lettre à 117 jeunes femmes Hongroises réfugiées en Suède comme lui afin de trouver l’amour et ainsi guérir. Il correspond avec beaucoup de femmes mais seule Lili gagne son cœur dès le départ. Il sait que c’est elle la bonne et il fera tout pour la conquérir. La Fièvre de l’aube est donc un mélange entre récit épistolaire avec des extraits des lettres de ses parents et récit à la première personne de Péter Gárdos lui-même, qui raconte leur histoire en se référant sans doute à ce que sa mère lui a raconté, même si je pense qu’il y a également une petite part de fiction dans tout ça, ça se sent, mais ça ne rend pas le récit moins touchant.

◊ Au niveau du style de l’auteur, je dois dire qu’il ne m’a pas totalement séduite, je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi. Peut-être que c’est parce que j’ai trouvé le récit parfois trop long, le style trop lourd, je n’en sais rien… Heureusement, il n’a gâché en rien mon plaisir de découvrir cet amour naissant, ce petit espoir qui a grandi dans le cœur de Miklós et Lili alors qu’ils revenaient de l’horreur. Amaigris par les camps de concentration, si je me souviens bien il est dit qu’ils ne pesaient pas plus de 30kg à leur sortie ; choqués par les horreurs auxquelles ils ont assisté, même si très peu sont racontés dans le livre on sent leur désespoir ; fatigués et malades de vivre alors que tant d’autres sont morts autour d’eux et/ou sous leurs yeux. Tout ça n’est décrit qu’à demi-mot et pourtant on sent ce poids peser très lourd dans le récit, dans leurs lettres, j’ai eu la sensation que leur amour était comme une bouée de sauvetage, qu’il leur permettait de s’évader, d’être préoccupés par autre chose, quelque chose d’un peu plus futile que de simplement survivre, mais aussi d’avoir envie de se relever, de surmonter à deux cette épreuve. Encore une fois l’auteur n’évoque quasiment pas une seule fois la Shoah, il ne faut pas s’attendre à lire un récit sur ce moment-là de l’Histoire.

◊ Sans savoir pourquoi j’ai su moi aussi, en lisant ces lettres, que Miklós et Lili étaient faits pour être ensemble, ça me semblait une évidence qu’ils devaient absolument être réunis car leur vie en dépendait, et d’ailleurs je pense que c’était le cas. S’ils ne s’étaient pas écrit puis rencontrés, je pense qu’ils se seraient laissés mourir. C’est d’autant plus beau quand, à la fin de notre lecture, on se rend compte que l’amour est capable d’aider à supporter et surmonter les plus horribles moments. Le roman va être adapté au cinéma courant 2016 et j’ai très hâte de voir ça !

Un tas d’obstacles se dressent entre l’amour de Lili et Miklós : ils ne sont pas du tout dans le même camp de réhabilitation en Suède, plusieurs centaines de kilomètres les séparent. Ils n’ont pas vraiment d’argent alors c’est très difficile de prendre le train pour se voir, d’autant plus que les médecins ne sont pas vraiment d’accord en raison de leur problème de santé, même s’ils mentent en faisant croire qu’ils sont cousins. Miklós va alors user de toutes les ruses possibles pour essayer d’aller voir Lili, bravant les médecins et la maladie, mais aussi la jalousie d’une amie de Lili, et quand ils vont enfin réussir à se rencontrer, même si les premières minutes sont drôles – puisqu’apparemment Lili ne s’attendait pas à un tel physique, il est vrai que le pauvre Miklós n’est pas au mieux de sa forme – ils deviennent très vite touchant tous les deux.

« C’est ainsi que je t’imaginais. Depuis toujours. En rêve. Bonjour, Lili. »

Les personnages :
♦ Miklós et Lili sont super attachants. Comme dit plus haut, ils sont fragiles autant physiquement que psychologiquement et ils se raccrochent l’un à l’autre car leur vie en dépend. Ils ont vécu des horreurs que nous ne pouvons pas imaginer et pourtant leur amour réussit à rendre tout ça plus léger. Miklós devient peu à peu un cas un peu désespéré aux yeux de son médecin qui ne cesse de lui dire qu’il lui reste peu de temps à vivre et sous-entend, bien qu’il soit attaché à lui, qu’il est stupide de se laisser embarquer dans une histoire alors qu’il va faire subir la douleur de sa mort à Lili. Au final, et on le devine assez facilement sinon l’auteur ne serait pas là pour raconter l’histoire de ses parents, son amour pour Lili a rendu son corps plus fort, lui a donné envie de résister, de vivre, et il est mort très vieux. Si au début l’entourage n’est pas vraiment pour cet amour, au final tout le monde les encourage et ils ont même le droit à une belle cérémonie – mais c’est pour une raison particulière, vous verrez en lisant le roman.

♦ Je tiens à parler d’une des amies de Lili, je ne dirais pas qui afin que vous découvriez par vous-même. Je ne sais pas si elle a vraiment existé ou si elle est sortie de l’imagination de Péter Gárdos afin de « pimenter » un peu le roman mais elle est détestable. Sa jalousie la rend aigrie et méchante, au point de vouloir gâcher l’amour de Miklós et Lili, de vouloir rendre son amie malheureuse. Quand l’amour sauve deux âmes en perdition, il en ronge une autre en la plongeant dans le vice et la méchanceté. Je suis curieuse de savoir si cette personne a réellement existé ou non !

√ Pour finir, je ne sais pas si c’est le même dans sa version originale mais j’ai trouvé le titre de ce roman magnifiquement bien trouvé. Tous les matins, vers 3h, Miklós relève sa température et il se rend compte qu’elle est élevée, alors que quelques heures après elle revient à la normale. Ce roman a été une bonne lecture mais j’aurais mis une note plus élevée si j’avais plus apprécié le style de l’auteur (ou alors est-ce la traduction ? Ça ne doit pas être facile de traduire de l’Hongrois…).

la fièvre de l'aube

√ LES PLUS
  • histoire d’amour improbable mais réelle
  • la naissance d’un amour touchant
  • le sujet de la Shoah très peu abordé et pourtant omniprésent
  • l’oscillation entre récit à la troisième personne et récit épistolaire
× LES MOINS
  • quelques longueurs
  • style de l’auteur un peu lourd

Ma note : 4/5

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Bonne journée, Sandy

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2 Comments

  • Reply La route des lecteurs 24 mai 2016 at 20 h 57 min

    L’avis de Pretty Books m’avait déjà beaucoup interpellé. Du coup, le tien m’intrigue d’autant plus ! Je pense lire ce roman un jour, même si je crains le style au vu de ton avis :-/

    • Reply Sandy 24 mai 2016 at 21 h 17 min

      Oui je ne sais même pas vraiment le décrire… Au final j’ai quand même beaucoup apprécié ma lecture, mais je pense que je l’aurais encore plus aimé si le style avait été différent! J’ai vu que je n’avais pas été la seule à avoir trouvé le style peu agréable ^^

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