Young adult

Je t’ai rêvé

27 avril 2016
je t'ai reve


Auteur : Francesca Zappia
Editions : Robert Laffont
Collection : Collection R
Année de sortie : 2015
Prix : 18,50€ – Acheter sur Amazon
Pages : 442
Lu du 11 au 14 avril 2016

L'histoire

Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n’envisagez pas qu’elle puisse être mise en doute. Et si vous n’étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l’incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d’une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d’esprit suffisamment longtemps pour aller à l’université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu’elle était persuadée d’avoir imaginé de toutes pièces… Avant même qu’elle s’en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l’adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l’âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n’est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu’où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu’où pouvons-nous la croire ?

Mon avis

Quelques mois en arrière, j’ai entendu quelques bons retours sur Je t’ai rêvé : je ne savais pas grand-chose, si ce n’est que c’était une histoire d’une jeune fille schizophrène et d’amour. J’ai fait un peu d’études de psychologie et je me souviens avoir rencontré par hasard un schizophrène une fois, et son histoire m’avait touché. Beaucoup de gens confondent dédoublement de la personnalité et schizophrénie alors que ce sont deux choses totalement différentes. J’étais très curieuse de voir comment ça serait tourné dans un roman jeunesse, alors quand je l’ai trouvé en librairie à Gérardmer, dans les Vosges, j’ai sauté sur l’occasion.

L’histoire commence dix ans plus tôt, alors qu’Alex observe des homards dans un aquarium pendant que sa mère fait des courses, elle rencontre un garçon de son âge, et ils décident ensemble de libérer les homards. Sa mère la prend sur le fait et l’entraîne dehors, honteuse. Elle affirme n’avoir pas vu le petit garçon qui était avec sa fille et c’est ainsi que la schizophrénie d’Alex est diagnostiquée. On retrouve ensuite une jeune fille qui fait son entrée dans un nouveau lycée, essayant de vivre avec la schizophrénie et la paranoïa, de la cacher aux autres en contrôlant ses crises avec des médicaments et en faisant la différence entre la réalité et ses hallucinations grâce aux photos. Mais dès le premier jour, elle croise un autre élève qu’elle croit reconnaître comme étant « Yeux bleus », le garçon qui l’a aidé à sauver les homards dix ans en arrière.

Je me suis très vite attachée à Alex : ses cheveux rouges, sa personnalité forcément un peu bizarre, sa franchise parfois un peu trop « cash » (elle ne mâche pas ses mots, on va dire) ; je l’ai trouvé géniale. Elle a beaucoup de mal à faire avec la réalité, surtout la sienne. Elle est touchante et incomprise, autant par les autres élèves de son lycée qui pourtant ne connaissent pas sa maladie, que par ses propres parents et surtout sa mère, que j’ai eu énormément de mal à apprécier. C’est assez dur de ne pas la juger, personne dans ma famille ni de proche n’est touché par ça alors je me trouve très mal placée pur juger, elle fait sans doute de son mieux à sa manière, mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser parfois qu’elle aggravait la maladie de sa fille. C’est déjà difficile d’être une bonne mère (de toute façon, les parents parfaits n’existent pas), mais ça l’est sans aucun doute encore plus quand on doit faire face à un handicap physique ou mental. J’essayais d’être indulgente avec elle, mais parfois j’avais envie de la secouer en lui hurlant « Youhou, ta fille est schizophrène mais pas débile ! »

Miles, alias « Yeux bleus », est également très attachant, et même s’il se montre froid et distant avec tout le monde, on sent qu’il reconnaît Alex et ne peut s’empêcher d’aller vers elle. Ils mettent du temps avant de se rapprocher l’un de l’autre, tout ne se fait pas en un claquement de doigts et j’ai aimé ça, car au final ce qu’ils vont vivre ensemble, la manière dont ils vont plus ou moins se sauver l’un et l’autre, est belle et sincère.

Certains aspects de l’histoire ont failli ne pas m’emballer car à mes yeux ça ressemblait un peu à une histoire d’adolescents comme on trouve souvent dans les films américains ou les téléfilms : j’ai trouvé que ça manquait un peu d’originalité. Cependant, Francesca Zappia sait nous surprendre en provoquant des retournements de situation auxquels on ne s’attend pas ! La schizophrénie d’Alex rajoute également quelque chose qui rend le récit vraiment unique, et au final le roman se dévore rapidement tant on a envie d’en savoir plus ! On vit tout du point de vue d’Alex, et comme elle on essaye de faire la différence entre la réalité et ses hallucinations. On détecte assez facilement certains évènements ou certaines apparitions un peu bizarres, même si aux yeux d’Alex ça a l’air réel, d’autres fois comme elle on comprend tout de suite qu’elle est en pleine crise, mais il arrive que des hallucinations soient tellement réelles qu’on tombe dans le panneau avec elle, et quand on apprend la vérité en même temps qu’elle… Je suis tombée des nues plus d’une fois, mais une fois en particulier ça m’a brisé le cœur… Je ne dévoilerai rien évidemment puisque c’est en partie là que réside la magie du roman ! Mais quand sont venues les dernières centaines de pages, j’étais littéralement angoissée à l’idée d’apprendre que tout ce que j’avais lu jusque-là était faux, l’auteure est vraiment très forte ! Heureusement, tout n’est pas qu’hallucinations dans Je t’ai rêvé et je ne regrette vraiment pas de l’avoir lu.

Pour conclure, ce roman est un mélange de maladie, d’adolescence, d’amour, d’amitiés, mais aussi de drames et de coups durs. C’est beau, c’est touchant sans être trop niais, je ne peux que le conseiller !

Je t'ai rêvé

Ma note : 5/5

Connais-tu des romans dont le personnage principal (ou son entourage)
est atteint de la schizophrénie ?
N’hésites pas à commenter, partager,
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Bonne journée, Sandy

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3 Comments

  • Reply La route des lecteurs 27 avril 2016 at 16 h 05 min

    J’avais commencé à le lire mais malheureusement, j’ai assez vite arrêté car je trouvais ce début très brouillon. Je ne suis pas sûr de le reprendre un jour car, maintenant, il ne me tente plus autant qu’à sa sortie :-/

    • Reply Sandy 27 avril 2016 at 16 h 41 min

      Ah zut, c’est vrai que le début ne m’a pas captivé plus que ça, mais après je me suis vite retrouvée addictive à cette histoire!

  • Reply we are one 16 juillet 2017 at 22 h 18 min

    Ce livre me tente trop trop trop !!!!!!!!!!!!

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