Conte Contemporain

La fille de l’Hiver

29 janvier 2017
la fille de l'hiver
AUTEUR : EOWYN IVEY

Editions : 10/18
Année de sortie : 2012

Poche : 8,40 €
Broché : 19,80€

Pages : 448
Lu du 06 au 14 janvier 2017

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L'histoire

Pour oublier la mort de leur bébé, Mabel et Jack s’exilent en Alaska. Mais sur ces terres sauvages, le couple s’enferme dans sa douleur. Jusqu’à ce soir d’hiver où il sculpte un bonhomme de neige : une petite fille apparaît près de leur cabane, talonnée par un renard roux. Hallucination, miracle ? Et si cette enfant farouche était la clé d’un bonheur qu’ils n’attendaient plus ?

Premier roman éblouissant, au réalisme poétique et à l’écriture élégante, La fille de l’Hiver est un conte intemporel, hanté par le désir et le merveilleux. Ensorcelant.

Mon avis

∴ Avec ce joli roman, je clôture mon Cold Winter Challenge, et je suis fière de dire que j’ai réussi les deux menus ! Je suis contente d’avoir enfin pu découvrir ce joli « conte » : je savais qu’il me plairait car le titre, la couverture, le résumé, tout cet ensemble m’inspirait confiance. Et ce que j’ai apprécié par-dessus tout, c’est de le lire au moment où le froid commençait vraiment à s’installer dans les Vosges. La chaleur de la maison, le canapé / le fauteuil / le lit confortable, un bon plaid ou ma bonne grosse couette ainsi qu’une tasse de thé, accompagné de La fille de l’Hiver, me procurait un vrai petit sentiment de bien-être. Un bonheur de lecteur, quoi.

◊ Je commence d’emblée avec le petit défaut qui m’a parfois lassé : j’ai trouvé le récit parfois particulièrement lent, avec très peu d’actions. J’ai l’impression que c’était voulu par l’auteure, comme si elle voulait qu’on rentre dans la routine lente, ennuyeuse et mélancolique de Jack et Mabel. Si c’est bien le cas, malgré mon ennui je dois bien reconnaître qu’elle est douée ! Sur ce point-là, mon avis est donc en demi-teinte puisque même si ça ne pas personnellement plu, il faut savoir reconnaître le talent hihi.

◊ On est immédiatement frappé par le malheur qui a touché ce « vieux » couple (ils ont une quarantaine d’années il me semble, ce n’est pas si vieux que ça) : alors que cela s’est passé dix ans plus tôt, Mabel ne se remet pas de sa fausse couche et Jack passe son temps à la fuir, par lâcheté. Même si les conditions de vie sont difficiles en Alaska et que leur cœur n’y est pas, je me suis surprise à les envier un peu : parfois, je rêve de vivre loin de toute civilisation, comme coupée du monde, et je rêve de revenir « aux sources », ne vivre qu’avec ce dont j’ai réellement besoin.

Les personnages de Mabel et de Jack sont juste incroyablement touchant. Ce vieux couple, qui ne partage presque plus de moment à deux, va réapprendre à s’apprivoiser en même temps qu’ils essayent de familiariser la petite Faïna à leur présence. Ils ont leur routine, leurs petites manies, leurs petits défauts, de jolies qualités et je me suis surprise à beaucoup m’attacher à eux. En particulier Mabel je l’avoue, car je me suis beaucoup reconnue en elle. Elle est « sauvage » avec les gens qu’elle ne connaît pas et elle est solitaire comme moi. J’ai parfois souri de ses interrogations et réactions, car j’aurais pu me dire la même chose ! Elle a une énorme plaie béante dans le cœur, elle souffre beaucoup en silence et au début du roman son quotidien est rythmé par la mélancolie et la tristesse, par sa difficulté à faire son deuil, mais au fil du roman je me suis rendue compte qu’elle a une très grande force. Quant à Jack, malgré sa lâcheté envers Mabel il prend énormément de choses sur lui, il porte beaucoup de poids sur ses épaules et on a envie d’en porter un peu avec lui.

Mais celle pour qui j’ai eu un petit coup de cœur, c’est Faïna. Cette petite fille est incroyable. L’auteure réussit à créer une véritable aura mystérieuse et magique autour d’elle, un tas de questions demeuraient en suspens quand j’ai refermé ce roman, et si c’est un point qui peut parfois énormément me frustrer quand je finis un livre, ici j’ai trouvé que ça contribuait au charme de ce conte. J’ai admiré sa facilité à survivre dans la montagne, surtout en plein Hiver, je me suis attachée à son petit renard et j’ai aimé sa manière d’être si inaccessible, même pour Mabel et Jack. Quelque part, elle demeure également inaccessible pour nous lecteurs et plus d’une fois j’ai eu tellement envie de mieux la connaître, de la suivre dans sa montagne.

◊ Malgré la lenteur du récit au milieu, notamment pendant la période de l’Eté durant laquelle Faïna disparaît à chaque fois, j’ai eu la joie de voir Mabel et Jack reprendre goût à la vie grâce à cette petite fille. En particulier Mabel, qui croit dur comme fer à la magie, tandis que Jack doute, et même si elle doit faire face à son scepticisme et à celui de ses voisins, elle décide de ne pas lâcher cet espoir qu’elle tient entre les mains et de vivre pleinement ces moments de joie avec Faïna, qui sont court mais beaux et intenses.

L’atmosphère dans ce roman est un vrai régal. Eowyn Ivey (mon dieu j’aime trop son nom) vit en Alaska et ça se sent dans ses descriptions, qui sont magnifiques et immersifs. Quand Mabel ou Jack se déplaçaient dans la forêt enneigée, tout était si bien décrit que je m’y voyais parfaitement, et je mourrais d’envie de courir sous les arbres et de les secouer pour recevoir toute leur neige sur la tête haha.

√ Pour conclure, malgré quelques longueurs au milieu qui m’ont empêché d’avoir un coup de cœur pour ce roman, ça reste une très très belle lecture qui frôle la perfection. L’écriture, l’histoire, l’univers et les personnages m’ont charmé et c’est avec plaisir que je lirais le deuxième roman de cette auteure sorti en août 2016, en espérant qu’il soit traduit en France.

la fille de l'hiver

les plus

  • un magnifique conte
  • des personnages attachant
  • des descriptions de l’Alaska qui nous plonge au cœur de ce pays
  • Faïna ♥

les moins

  • quelques longueurs dans le récit

Ma note : 5/5

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Bon dimanche, Sandy

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16 Comments

  • Reply Mademoiselle C. 29 janvier 2017 at 14 h 12 min

    Oh oui, moi aussi j’aimerai vivre loin de la civilisation, loin de cette société de surconsommation qui passe son temps à acheter des choses inutiles… Loin de la tentation et du matraquage des publicités ! La simplicité, la nature, le stricte minimum… le retour aux sources comme tu dis…

    Ton article est très beau et ça m’a donné envie de lire ce livre.
    En plus, ta façon de dépeindre la force de Mabel me séduit. De nos jours j’ai vraiment l’impression que dans les livres et dans les films, être une femme forte c’est forcément avoir un caractère fort, sortir des punchlines et se battre. Mais reconnaitre la force d’une personne par son silence et sa faculté à encaisser les coups (pas forcément physiques)… c’est une plus belle force encore ! 🙂
    Pas besoin de savoir jouer des poings pour être une femme forte et pour moi, elles sont aussi de vraies héroïnes, malheureusement trop négligées, parce que trop passives et reservées.

    Un très très bel article vraiment ! Bravo ! 😀

    • Reply Sandy 29 janvier 2017 at 14 h 55 min

      Oui, c’est ça, parfois les gens les plus fort ne sont pas ceux qui gueulent le plus fort, même du côté des hommes (d’ailleurs j’ai remarqué que c’était souvent les machos qui gueulaient le plus… besoin de se prouver quelque chose? ;-)). J’ai aimé cette force cachée chez elle. Et ce qui est encore mieux, c’est que c’est en avançant dans le roman que l’on se rend compte de sa force, car on est loin de soupçonner ça au début!

      Merci pour ton beau commentaire, j’espère que tu te laisseras tenter par ce roman et qu’il te plaira autant qu’à moi 🙂

  • Reply Mademoiselle C. 29 janvier 2017 at 15 h 51 min

    Je crois que Homme ou Femme, nous sommes malheureusement prisonniers des clichés que la société nous impose. Maintenant la femme doit être forte indépendante et botter des culs, et les mecs doivent être sensibles, mais pas trop, sinon ça fait mauviette ! C’est triste et je trouve ça vraiment néfaste ! Parce qu’on se retrouve avec des battantes qui n’ont peur de rien, et quand on est réservée, timide et forte sur bien d’autres aspects, on se sent nul ! Et les garçons… ils ont juste pas le droit de pleurer quoi ! Et le pire (et on le voit trop souvent dans les dessin-animés comme Disney), si tu n’es plus un prince charmant, t’es un looser, un poil crétin mais attachant (cf Naveen dans La Princesse et la Grenouille, Flynn Rider dans Raiponce, Kristoff dans La Reine des Neiges…) ! Ca manque de nuance tout ça ! :/

    Je pense que je vais me laisser tenter par ce livre, mais là question c’est plutôt de savoir quand j’en aurai l’occasion ! xD
    Parce que j’ai encore une sacré PAL, en plus j’ai craqué il y a quelques jours et j’ai acheté La Nuit des Temps de Barjavel et je consacre mon mois de février à des relectures pour redécouvrir des livres oubliés et faire du tri dans ma bibliothèque ! xD

    • Reply Sandy 1 février 2017 at 19 h 19 min

      Et encore, la femme ne doit pas trop être indépendante et grande gueule, sinon elle risque de se faire remettre à sa place de « femme »! Mais je suis d’accord sur le fait que les introverti(e)s sont souvent dans l’ombre des extraverti(e)s… Etant une introvertie j’en souffre pas mal, mais je trouve que c’est un autre sujet, un autre « combat »! Ce que je veux dire par là, c’est que notre société actuelle n’est malheureusement pas très bien adaptée aux introvertis, qu’ils soient femme ou homme, et ça peut provoquer un gros mal-être chez certains. J’ai d’ailleurs réalisé que je faisais partie des introverti(e)s il y a à peine deux ans et ça a été un gros soulagement pour moi, car jusque-là je me croyais anormale ^^

      La nuit de Barjavel fait parti des « classiques » que je veux absolument lire un jour, mais il y a trop de livres dans cette catégorie et je me dis que j’en aurais jamais le temps 🙁

      • Reply Mademoiselle C. 2 février 2017 at 15 h 58 min

        Je vois ce que tu veux dire, moi-même je suis introvertie et timide. J’ai toujours l’impression d’être derrière les autres et de ne pas suivre.
        En plus, quand je parle et que tous le monde me regarde et m’écoute, je deviens toute rouge c’est une horreur !
        Mais par chance, mon fiancé est très extravertie et à ses côtés, j’ai fais d’énormes progrès 😀

        • Reply Sandy 5 février 2017 at 8 h 37 min

          Tout dépend avec qui je suis (si je suis à l’aise avec les personnes avec qui je parle ou nom) mais pareil, bien souvent je me sens mal à l’aise quand tout le monde écoute ce que je dis ! Et je déteste être le centre de l’attention, bouh.
          Je trouve ça chouette de trouver quelqu’un qui, malgré que son caractère soit opposé au sien, réussisse à nous ouvrir et à nous rendre un peu plus à l’aise avec les autres ♥

  • Reply dreamingwithboooks 30 janvier 2017 at 21 h 28 min

    Je ne sais pas si je lierais son roman parce que je ne sais pas si j’apprécierais les longueurs et le sujet du deuil …
    Mais tu en as fait une jolie chronique et tu présente très bien le roman 🙂

    • Reply Sandy 1 février 2017 at 19 h 21 min

      Je comprends, on a pas tous la même sensibilité ni sur les mêmes sujets 🙂 Mais cette souffrance n’est pas non plus pesante, je dirais plutôt que j’ai ressenti une grosse mélancolie au début du roman (après, quand Faïna arrive, ça va beaucoup mieux)!

  • Reply Yuyine 31 janvier 2017 at 10 h 36 min

    Ce livre m’attire beaucoup, comme toi, pour sa couverture, ton titre et son résumé. Ton bel avis ne fait que m’attirer encore plus. J’aime beaucoup les descriptions que tu fais des personnages, j’ai envie de les connaître.

    • Reply Sandy 1 février 2017 at 19 h 23 min

      J’espère que tu te laisseras tenter avant la fin de l’hiver ou l’hiver prochain, ce livre est vraiment beau ♥ J’ai ressenti une vraie tendresse pour les personnages, ils ont pris une petite place dans mon cœur.

  • Reply La route des lecteurs 7 février 2017 at 21 h 04 min

    Je n’ai pas encore lu cette histoire. Pourtant, le résumé est très intriguant et l’ambiance m’attire 🙂
    Par contre, le fait qu’on ait pas toutes les réponses à nos questions me fait un peu peur, j’avoue … Mais je pense quand même lui laisser sa chance !

    • Reply Sandy 12 février 2017 at 15 h 34 min

      C’est vrai que ça peut être un peu frustrant, trop de mystères tue le mystère ! Mais ici, ça contribue à la magie de l’histoire, à la magie autour de Faïna ♥

  • Reply Mathilde 10 février 2017 at 12 h 05 min

    Tout d’abord : Bravo pour le cold winter challenge. Personnellement je m’étais imposée deux lectures et ça ne m’a pas réussi. J’en ai lu aucune… Hahahaha. (Comme quoi je ne suis pas faite pour prévoir mes lectures). Ta chronique m’a touchée et m’a donnée envie de lire ce livre. C’est vrai que j’aimerais moi aussi parfois m’exiler loin de tout et vivre avec seulement ce dont on a réellement besoin. Je vais me pencher sur ce livre dès que j’en aurais l’occasion du coup.
    Et je rajoute que j’aime beaucoup la première photo de ton article ! Superbe ce noir et blanc pour mettre en valeur le livre 🙂

    • Reply Sandy 12 février 2017 at 15 h 47 min

      Oh c’est dommage car Esprit d’Hiver est vraiment top, top, top ! J’espère que tu auras l’occasion de le lire avant la fin de l’hiver ou l’hiver prochain 🙂 Petite panne de lecture ou tu n’avais simplement pas envie de ces romans-là?
      Hihi merci pour la photo, prise et modifiée dans un hôtel à Metz alors que je m’ennuyais le matin lol (j’étais en formation)

  • Reply Pluie de mots 23 février 2017 at 20 h 48 min

    Un de mes livres préférés <3 il est magique !

    • Reply Sandy 23 février 2017 at 21 h 29 min

      Oui, un roman qui fait du bien quand il fait froid dehors ❤️
      Merci pour ton commentaire!

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