Science-fiction

Les Mystères de Larispem : le sang jamais n’oublie

7 juin 2016
AUTEUR : LUCIE PIERRAT-PAJOT

Saga : Les Mystères de Larispem (tome 1)
Editions : Gallimard (Jeunesse)
Année de sortie : 2016

Broché : 16€

Pages : 257
Lu du 28 au 31 mai 2016

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L'histoire

Larispem, 1899. Dans cette Cité-Etat indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Mon avis

Les Mystères de Larispem est le deuxième roman à avoir remporté le concours Gallimard jeunesse, et vu tout l’amour que j’ai pour La Passe-Miroir, j’ai absolument voulu découvrir cet univers-là aussi, en m’attendant à passer un moment tout aussi merveilleux qu’avec le roman de Christelle Dabos. C’est pourquoi, quand je l’ai vu en librairie, j’ai toute suite sauté dessus et je n’ai pas pu m’empêcher de le commencer quelques jours plus tard.

◊ Malgré son petit nombre de pages par rapport aux Fiancés de l’Hiver (260 pages), Le sang jamais n’oublie ne s’engloutit pas comme ça et – alors que j’avais presque peur que l’univers soit un peu moins travaillé du coup ou que les évènements ne se passent un peu trop vite – en vérité l’auteur réussit à construire un univers très riche en peu de pages !

◊ J’ai trouvé que le style d’écriture de l’auteur était hyper agréable, hyper fluide, et personnellement je n’ai eu aucun mal à comprendre comment parlaient les bouchers et du coup la « traduction » se faisait immédiatement dans ma tête. J’ai trouvé que le sujet était original et intéressant, et que ça tenait vraiment la route – franchement, hormis le côté un peu steampunk et fantastique de l’histoire, parfois j’ai réellement eu la sensation que ça s’était passé en 1899. La raison à cette impression de réalité est que l’auteure s’est inspirée d’un évènement qui a réellement eu lieu, je cite (p. 259) : « En 1871, une révolution du peuple a bel et bien eu lieu à Paris. La naissance de la IIIe République, qui succède au Second Empire (celui de l’empereur Napoléon III), se passe mal. Les Parisiens se révoltent contre leur gouvernement, installé à Versailles. Ils dressent des barricades un peu partout dans la ville. Dans la réalité, la révolution a été écrasée dans le sang, et les communards survivants condamnés à de lourdes peines. Dans ce roman, les révoltés, qu’on appelle « communards », ont gagné. » Paris est donc devenue Larispem, les aristocrates et le clergé ont été bannis de la ville et celle-ci est devenue totalement indépendante de la France. L’argot des bouchers a réellement existé et existe parfois encore aujourd’hui dans le milieu, l’auteure a d’ailleurs trouvé l’inspiration auprès de son mari boucher, qui lui a appris l’existence de ce langage.

◊ L’histoire s’installe lentement, on assiste longuement à une suite d’évènements en apparence peu importants, mais qui nous donne envie de tourner les pages et d’en savoir plus. J’avoue que parfois je me suis demandée où voulait en venir Lucie Pierrat-Pajot, mais c’est quasiment à la fin de ce premier tome que l’on comprend l’importance de tous ces petits évènements et leur conséquence. En fait, l’intrigue s’installe doucement mais surement, j’ai vraiment senti que l’auteure prenait son temps afin que son histoire reste totalement crédible.

◊ Le fait que ce soit si lent à s’installer permet de nous présenter chacun des trois personnages principaux, de voir leur quotidien et donc de faire connaissance avec eux et de nous familiariser un peu avec leur entourage ou avec les rencontres qu’ils vont faire. Du coup, même si on ne retrouve certains personnages secondaires qu’à certains chapitres, je trouve qu’il est facile de les resituer dans l’histoire, de retrouver qui ils sont à la fois pour l’intrigue et pour les personnages principaux, hormis un qui apparait au début et dont on entend subitement parler au milieu du roman que j’ai eu du mal à replacer.

◊ Pour parler un peu graphisme (même si je n’ai aucune connaissance là-dedans haha), je suis super fan de la couverture, qui représente vraiment l’histoire et les personnages, tout comme pour Les Fiancés de l’Hiver et les Disparus du Clair de Lune c’est juste magnifique. Et les illustrations qui accompagnent chaque début de chapitre sont super chouette aussi, j’suis un peu une enfant moi, j’aime bien voir des illustrations dans les romans que je suis haha. Ça guide un peu l’imagination !

◊ J’ai vraiment passé un agréable moment de lecture avec ce livre, même s’il n’est pas le coup de cœur auquel je m’attendais j’ai tout de même beaucoup aimé et j’attends la suite avec une grande impatience ! Malgré le jeune âge des protagonistes je n’avais pas du tout l’impression de livre un roman « jeunesse », dans le sens où l’univers est vraiment bien travaillé et complet et où il peut très bien plaire à des adultes – à mes yeux ce n’est pas parce qu’un roman est qualifié de « jeunesse » qu’il n’est pas pour tous les âges, mais je sais que cet adjectif peut souffrir de pas mal de préjugés, c’est pour ça que je tenais à le préciser.

Les personnages :
♦ Carmine est une apprentie louchébem, autrement dit une apprentie boucher, et même si elle est encore en plein apprentissage aux yeux des Larispemois (des Parisiens) elle impose le respect et d’une certaine supériorité. Elle descend de Jean Lenoir, un célèbre révolutionnaire qui a indirectement aidé au soulèvement contre l’aristocratie puisqu’il a tué ses « maitres », des bourgeois. J’aime beaucoup ce personnage mais j’avoue que j’ai eu du mal à la cerner dans ce roman, j’espère vraiment quand on en apprendra plus sur elle dans la suite.

♦ Liberté – j’adore son nom – est une apprentie mécanicienne et je crois que c’est le personnage que j’ai préféré. Elle n’a pas un physique parfait, et c’est en parti ce qui m’a plu – comme je suis allergique aux personnages physiquement / psychologiquement parfaits ! Elle est naïve et beaucoup plus innocente que Carmine, encore un peu enfantine, mais elle n’hésite pas à suivre cette dernière dans ses péripéties. Quelque chose se joue malgré elle et j’ai hâte qu’elle soit confrontée à son passé, de voir comment elle va réagir.

♦ Nathanaël est un orphelin qui se découvre un don, un don qui va lui ouvrir les portes de son passé mystérieux mais également les portes des problèmes. Il subit un peu tout ce qui lui arrive, il ne sait pas vraiment se défendre ni tenir tête aux autres, pourtant je ne doute pas de le voir évoluer durant cette saga pour devenir un jeune homme qui apprendra à s’imposer. Malheureusement, j’ai été déçue par la tournure que prenaient les évènements pour lui parfois : il n’a pas choisi son don et les adultes autour de lui choisissent à sa place son destin, comme s’il était évident qu’à cause / grâce à son passé il est de son devoir d’accomplir certaines tâches, ça m’a particulièrement agacé ! C’est pour ça que j’ai hâte de le voir se rebeller.

√ Pour finir, comme dit plus haut ce roman n’a pas été un coup de cœur car je n’ai pas ressenti ce petit « truc » en le lisant, mais j’ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé ma lecture et je vous la recommande vivement, je comprends totalement pourquoi c’est celui-là qui a remporté le concours ! Je me répète mais l’univers est riche, travaillé et très intéressant.

le sang jamais n'oublie

Ma note : 5/5

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si tu as aimé mon article.

Bonne journée, Sandy

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2 Comments

  • Reply La route des lecteurs 8 juin 2016 at 16 h 48 min

    J’ai vu une vidéo Booktube en parler. Je n’était pas vraiment intéressé, même si j’ai adore le premier tome de La passe-miroir 😀 Ta chronique, finalement, me donne envie de me pencher sur celui-ci aussi !

    • Reply Sandy 8 juin 2016 at 17 h 45 min

      Contente que ma chronique t’ait fait changer d’avis car je trouve qu’il vaut vraiment le coup, j’espère qu’il te plaira si tu le lis 🙂

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