Horreur / Terreur

Marche ou crève

19 juin 2016
marche ou creve
AUTEUR : STEPHEN KING

Editions : Le Livre de Poche
Année de sortie : 1979

Broché : 14,96€
Poche : 7,10€

Pages : 379
Lu du 10 au 13 juin 2016

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L'histoire

Garraty, un adolescent natif du Maine, va concourir pour « La Longue Marche », une compétition qui compte cent participants. Cet évènement est très attendu. Il sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi…

Garraty a tout intérêt à gagner. Le contraire pourrait lui coûter cher. Très cher…

Mon avis

◊ Me revoilà après quelques jours d’absence sur le blog et un nouveau thème. J’espère que vous allez bien ! Je n’avance plus trop dans mes lectures et je n’avais plus trop envie de me connecter sur l’ordinateur le soir, d’où mon absence ici, mais me revoilà avec une nouvelle chronique. J’ai encore eu l’occasion de lire un roman de Stephen King ce mois-ci grâce au club de lecture auquel je participe sur Facebook. Cette fois-ci, nous devions lire Marche ou Crève, qu’il a écrit sous le pseudonyme de Richard Bachman. Il s’agit de son deuxième roman sous son pseudo, Stephen King voulait voir si ses livres se vendraient aussi bien de manière anonyme. Néanmoins, c’est le premier roman qu’il a terminé.

◊ Ce roman a été écrit en 1979 et je n’en ai jamais entendu parler avant de m’intéresser à Stephen King et que l’on me conseille ce roman, mais j’ai été assez surprise de constater que j’avais eu un peu près la même idée que lui, sauf qu’il ne s’agissait pas d’un jeu télévisé et que c’était sous forme de nouvelle. Les cent concurrents sont obligés de marcher jour et nuit, sans s’arrêter, à une vitesse minimum de 6,5km/H, sinon ils reçoivent un avertissement et au bout de quatre… Boum, « ticket » comme ils disent. Le dernier marcheur survivant est déclaré vainqueur et gagne un gros prix.

Je me demandais ce qu’allait pouvoir raconter ce livre, ce qu’allait dénoncer Stephen King même si j’avais déjà une petite idée sur le fait que ça concernait les jeux télévisés. Je ne savais pas mais rien qu’en France, les jeux télévisés ont commencé à apparaitre dans les années 1950. Le roman se déroule sur quelques jours à peine et l’auteur nous décortique presque heure par heure l’avancée de Garraty. Au départ tout le monde est très enthousiaste et se sent capable de parcourir des milliers de kilomètres. Certains préfèrent rester solitaire car ils savent que ce sera plus dur s’ils s’attachent aux autres alors qu’ils vont les voir mourir ensuite, d’autres comme Garraty, McVries, Baker, Olson, Scramm, Stebbins (et quelques-uns encore mais ce sont ceux qui m’ont le plus marqué) forment un petit groupe qui se décomposent et se recomposent au fil de la marche où ils font connaissance les uns avec les autres. On partage un bout de leur histoire à chacun, leurs interrogations, mais j’ai remarqué que pas un seul ne donne la raison pour laquelle il a décidé de participer à ce jeu télévisé suicidaire, du moins pas ouvertement, si ce n’est que l’on comprend que pour la plupart c’est justement pour se suicider.

Assez rapidement, nous assistons au déclin physique et mental des participants, petit à petit. Si au début tout cela leur parait normal, comme ils ont tout le temps de réfléchir ils remettent rapidement ce jeu en question tout en se rendant compte avec horreur que c’est trop tard : s’ils ne veulent pas mourir, ils doivent marcher, qu’ils soient d’accord avec le concept ou pas. Marche ou crève, quoi. L’auteur nous décrit super bien les douleurs physiques qui surviennent, les effets secondaires qui atteignent certains participants et leur sont fatals (par exemple, crampes aux jambes ou évanouissement) ainsi que la déviance mentale qui fait son apparition chez d’autres (suicide soudain en se jetant sur les militaires ou hors de la route, physiquement présent dans la marche mais mentalement absent). J’avais la sensation de décliner avec eux, je me suis souvenue de la douleur que j’avais eu aux pieds suite à une journée complète à Disney et l’horreur le lendemain quand on a repassé la journée là-bas et j’ai vraiment eu mal pour eux haha. Mes jambes me démangeaient et j’avoue que j’avais peu envie de marcher après ma lecture, j’avais l’impression de subir la torture mentale des participants qui meurent d’envie de s’assoir mais ne peuvent pas. L’auteur est vraiment très doué !

◊ Sur les trois romans de Stephen King que j’ai lu, j’ai toujours trouvé qu’il rendait ses personnages très « humains », très accessible, très réaliste, parce qu’il leur fait vivre des petits moments embarrassants ou de faiblesses qui peuvent arriver à tout le monde. Par exemple ici un premier personnage dans la première moitié de l’histoire a besoin de faire caca, pour lui ça n’a pas l’air de lui poser beaucoup de soucis car peu de spectateurs sont sur la route ; le lendemain ou sur-lendemain (à savoir dans l’autre moitié du roman) Garraty a subitement envie lui aussi mais il le vit comme une horrible humiliation car beaucoup de spectateurs sont venus les voir et à la fin ils se battent pour ramasser ce qu’il a fait… Ce qui m’amène d’ailleurs à parler de ce que Stephen King, me semble-t-il, dénonce dans Marche ou crève. C’est vrai que certains jeux télévisés sont drôles et ludiques (Question pour un Champion, Les 12 coups de midi, ect.), d’autres pour ma part n’encouragent qu’à critiquer, juger et rabaisser les personnes que l’on suit à la télé (Les Anges, Secret Story, les Marseillais, les Chtis), bref dans tous les cas même si cela peut faire passer de bons moments et que j’ai été la première à regarder tout ça pendant plusieurs années, il faut avouer que c’est tout sauf instructif ! Et au final les gens qui sortent de ces émissions finissent la plupart du temps riches et avec pas mal de fans, et surtout les paparazzis aux fesses, prêts à faire exploser le moindre scandale sur leur vie (tout sauf une vie de rêve à mon avis). Pour moi c’est exactement ce que dénonce Stephen King. Je ne sais pas du tout si ce genre de dérives existait à l’époque où il a écrit ce roman, je crois qu’ici en France ça a commencé avec Loft Story, mais dans le roman les gens assistant à l’évènement voient la déchéance physique des participants, ils les encouragent certes mais pour leur loisir car quand l’un d’eux meure ils hurlent de joie. Plus la déchéance est là plus ils sont heureux.

Les personnages :
♦ Un des personnages est omniprésent dans le roman et pourtant physiquement absent, hormis au début du roman. Il s’agit du commandant, qui représente une figure paternelle « absente », car si au début les participants se raccrochent beaucoup à lui, cherchent à se faire remarquer et à l’impressionner comme on le ferait devant un père, ils se rendent vite compte une fois que la partie a commencé que le commandant n’est plus là pour eux et les laissent livrés à eux-mêmes. Il est très mystérieux, autant pour nous que pour les participants et j’ai presque ressenti une petite frustration de ne pas en savoir plus sur lui.

♦ Pour ce qui est des participants en général, du moins ceux avec qui nous faisons connaissance en même temps que Garraty, je les ai tous trouvés géniaux et bien construits. Au fil de la marche nous apprenons un bout de l’histoire de chacun, un bout de leur faiblesse, ce qui les motive ou au contraire ce qui les fera craquer. Certains semblent rapidement au bord du gouffre, comme Olson, et pourtant ils tiennent le coup encore, et encore, Stephen King repousse la limite de chacun jusqu’au bout. Je me suis attachée à Garraty mais également aux personnes auxquels il s’est lui-même attaché et comme lui j’ai voulu qu’aucun ne meurent, qu’ils finissent la course tous ensemble. La fin m’a vraiment fait mal au cœur, j’étais trop dégoutée haha, mais bon c’est l’histoire il fallait qu’il n’en reste qu’un.

Je regrette un peu en revanche l’absence de personnages féminins dans Marche ou crève. Est-ce parce que Stephen King les considérait à l’époque incapable de réaliser cette prouesse ? Je n’ai pas pu trouver de réponses. En revanche, les personnages féminins présents durant la Marche, en tant que spectatrices, ne sont pas HYPER bien représentés : par exemple au début Garraty embrasse fougueusement une fille sur la route en lui pinçant les fesses (alors qu’il a une copine), plus loin dans le roman l’un des personnages tente de rapidement « baiser » (désolée c’est le mot) une des filles sur le bord de la route qui n’attendait que ça ; bref voilà elles ont une image assez péjorative. Stephen King était encore à la fac quand il a écrit ce roman alors était-ce volontaire ou est-ce que ça le travaillait ? Haha.

√ Pour conclure, j’ai trouvé ce roman à la fois intéressant et captivant, dont je regrette toujours les personnages une semaine après avoir fini ce livre – j’en ai presque voulu à l’auteur d’avoir maintenu les règles de la Marche jusqu’au bout, mais en même temps si ça n’avait pas été le cas je lui en aurais voulu d’avoir épargné à ses personnages un destin tragique. Encore un roman de Stephen King que j’ai beaucoup aimé, j’ai hâte d’en découvrir encore et encore.

marche ou creve

√ LES PLUS
  • sensations physiques et émotionnelles hyper immersives
  • la diversité des personnages
  • personnages réalistes, humains
  • déclin physique et mental réaliste
  • peu de longueur
× LES MOINS
  • personnages féminins peu présents et présentés comme des « femmes objets »

Ma note : 5/5

Avez-vous lu ce roman de Stephen King ?
Que pensez-vous du nouveau thème ? Des choses à changer ?
N’hésites pas à commenter, partager,
ou à cliquer sur le petit cœur ♥

(en plus avec le changement j’ai perdu tous mes cœurs…)

Bon dimanche, Sandy

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12 Comments

  • Reply Chris 19 juin 2016 at 12 h 05 min

    Bah c’est un roman de King qui me tente bien ! Je le met dans ma WL de suite !
    Belle chronique, bien fournie, comme d’habitude !
    Ps: le livre de poche est plus long que tes pieds XD

    • Reply Sandy 19 juin 2016 at 16 h 20 min

      Oui, j’ai des pieds de hobbit (sans les poils) 😀
      Cool qu’il te tente!

      • Reply Chris 19 juin 2016 at 16 h 24 min

        tu dois adorer le comté alors 😀
        en plus c’est de Savoie !!
        Oui je le lirai pour peaufiner mon propre livre ^^

        • Reply Sandy 19 juin 2016 at 16 h 27 min

          MDR toi et tes jeux de mots…

  • Reply Cassandre 19 juin 2016 at 20 h 07 min

    C’est décidé, cet été je l’achète !

    • Reply Sandy 19 juin 2016 at 20 h 46 min

      Contente que mon article t’ait convaincu ^_^

  • Reply La route des lecteurs 20 juin 2016 at 14 h 39 min

    J’aime beaucoup ta nouvelle présentation de blog ❤
    Concernant ta chronique, je suis vachement intriguée, maintenant 😮 Je dois dire que ce n’était pas celui qui me tentait le plus mais finalement, à tester, je pense !

    • Reply Sandy 20 juin 2016 at 20 h 46 min

      Oh merci, ça me fait plaisir ♡
      Pareil, il me tentait pas énormément comme ça au titre et au résumé et finalement il est super!
      Bonne soirée 🙂

  • Reply florence 21 juin 2016 at 18 h 44 min

    Super ton article!!!
    Je pense que King a un souci avec les femmes et le sexe, il en parle cruement dans ses premiers bouquins, il s’est un peu calmé (l’âge peut être?lol) mais il faudrait lire des bouquins où le personnage principal est une femme… mais je crois qu’il tombe assez vite dans le cru et le sexe avec elles…lol

    • Reply Sandy 22 juin 2016 at 8 h 25 min

      Oui, je n’ai lu que trois romans de lui et pourtant je l’ai bien remarqué haha. On va faire une analyse de la vie de Stephen King avec les femmes en lisant ses livres :p

  • Reply Kassyna 11 juillet 2016 at 15 h 01 min

    J’ai prévu de le lire prochainement, et je sens que je vais me régaler ! Me

    • Reply Sandy 12 juillet 2016 at 19 h 18 min

      Oui je pense aussi, Stephen King a vraiment un style d’écriture excellent je trouve, il est doué (y)

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